Le 15

Le 15 est le bulletin d'informations de TVC-VM. Chaque vendredi, je viens y parler de culture. Voici mes passages du 13 et 20 février, où je parle de Guillaume Savard, le petit-fils d'Alphonse Morneau (un chanteur traditionnel qui connaît plus de 400 chansons dont certaines remontent au XIIIe siècle !) qui suit les traces de son grand-père et la seconde où je parle du parcours de Simon Pedneault, un jeune guitariste très talentueux qui a un groupe prometteur. Vos commentaires sont bienvenus !

(copier l'URL et coller-le dans la barre de navigation pour visionner)

http://www.youtube.com/watch?v=g9_RKmh6XWE&feature=channel_page

http://www.youtube.com/watch?v=ZCF6L9DANVw


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le dimanche 01 mars 2009 19:40

IESOUS AHATONIA

Un chant huron attribué è Jean de Brébeuf...
Ici chanté en langue huronne par la chorale Charle-Voix 2008 lors d'un concert à Tadoussac
(26 septembre 2008).

-Soyez indulgents pour la qualité: je l'ai capté avec mon appareil photo numérique...-

C'est d'une beauté à pleurer.... Contemplatif et serein...
Imaginez ce chant s'élevant dans la nef de Brouage, là même où est né Champlain !...
Et où se trouve une relique de Brébeuf !!!!
À vous en donner des frissons...je le sais, j'y étais !!
Montez le son et fermez les yeux !
# Posté le samedi 27 décembre 2008 20:58
Modifié le lundi 29 décembre 2008 19:03

DES HISTOIRES POUR RÉFLÉCHIR

Comme pas mal de Québécois (et de Français), je suis allée voir le récent spectacle de FRED PELLERIN, "l'homme fort du conte" ! Pour son 4è tour de paroles, la sorcière du village est en vedette...avec la mort en trame de fond. Comme quoi il est possible de rire -et de réfléchir- sur des sujets délicats quand on a du talent et qu'on sait comment s'y prendre ! À voir absolument !! (Pour les amis de France, il sera entre autres à la Roche-sur-Yon en Vendée le 9 février 2009... allez voir son site: http://www.michelinesarrazin.com/artistes/pellerin_bio.html )
vous serez convaincus d'aller le voir en personne !! En attendant, je vous dis ce que j'en pense....

Mourir pour vivre

La vie ne tient qu'à un cheveu. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Méo. Il est coiffeur, donc difficile de ne pas le croire. Quoi que... Il prend un coup solide le Méo... Dans le fond c'est un bon gars pareil. Qui tient toujours ses promesses. Bon, c'est vrai qu'il ne se souvient pas toujours à qui il a promis quoi. Mais il tient parole. C'est ça qui compte non ?

La « Stroop » elle (« l'étrange » du village), dit « qu'il y a beaucoup de monde qui attendent de mourir pour se mettre à vivre ». Quand on y pense, c'est pas bête du tout. Combien de gens vivent passivement, sans en profiter, sans mordre dans la vie à belles dents, se disant fatalement que la mort viendra un jour au l'autre... La Stroop trouve ça désolant –et elle a pas tort. Elle en sait des choses. Tellement que certains pensent que c'est une sorcière. Surtout depuis qu'elle a tué la mort...

Bernadette elle, savait que la vie est courte et qu'il ne faut pas attendre que la grande faucheuse vienne pour l'apprécier. C'est comme un feu de circulation qu'elle disait : « quand c'est vert, c'est l'espoir, alors tu pèses sur le gaz et t'en profites; quand c'est rouge, c'est un temps d'arrêt pour l'amour et vivre la tendresse; pis quand c'est jaune, ben...c'est flou, mais ça passe vite !».

Vous savez, c'est une chance que la mort existe. Parce que ça prend des morts pour faire une légende. Sans la mort, pas de Méo, pas de Stroop et pas de Bernadette. Si la mort n'existe plus, les légendes ne peuvent pas venir au monde. Et sans légendes, la vie serait moins gaie. On n'aurait pas de merveilleux pour nous faire sourire, on n'aurait pas de belles histoires pour rêver et pire encore, on n'aurait personne pour nous les raconter !

Fred Pellerin est celui qui nous partage les réflexions de ces caxtioniens légendaires. Tout ce que je vous révèle aujourd'hui provient de « L'arracheuse de temps ». Un titre qui sied à ravir au contenu de ce nouveau tour de contes... traitant de la mort. Je ne vous cache pas que j'ai une admiration pour cet as des parenthèses délirantes et de la poésie « distorsionnée » et que je suis conquise d'avance. Mais honnêtement, pour avoir vu, lu et entendu tous ses spectacles, je vous assure que celui-ci est encore plus grand que d'habitude. Fred réussit à nous faire rire, à nous faire réfléchir et à beaucoup nous toucher en jouant avec la mort...et les mots. Ça remue en-dedans, mais ça fait du bien...

Rassurez-vous, si vous aimez Fred, vous ne serez pas dépaysé, il a gardé son style spontané de haute voltige. Il se permet juste d'aller plus loin, d'explorer des émotions délicates avec philosophie. Ce n'est pas un spectacle révolutionnaire. Pourtant, il change nos vies... Car on en sort en se questionnant. Voilà autre une sortie qui nous fait grandir et qui, je crois, nous réconcilie avec ce qui demeure la plus grande peur de l'Homme : disparaître...

E.T. L'accent culturel, 8 octobre 2008, Hebdo Charlevoisien
DES HISTOIRES POUR RÉFLÉCHIR
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le dimanche 16 novembre 2008 20:34

LES PHOTOS !

Voici enfin les photos (les meilleures ça va de soi) que j'ai pris lors du séjour fantastique de la Chorale les Mouettes de Charente-Maritime dans Charlevoix, en septembre dernier.
Désolée pour le délai, j'ai pas mal de boulot ces temps-ci...
Merci à Claude Drouillard et Rodrigue Dufour pour les quelques photos de moi et Martin: ne m'en voulez pas de les avoir intégrées à mon album, c'est pour permettre à tous et toutes de se souvenir de l'équipe télé qui les a talonnés sans arrêt hahaha....
Trève de jasette: pour faciliter les choses, j'ai fait un album avec Picasa. Je vous conseille de le regarder en Diaporama pour une version optimale des photos.

Souriez à ces beaux souvenirs et n'hésitez pas à commenter !
Suivez le guide:


http://picasaweb.google.com/Quebeciste/LesMouettesDansCharlevoix02#

(copier le lien et coller-le dans votre navigateur, vous serez redirigé automatiquement.
Sinon, dites-le moi, je consulterai mon informaticien^^)

Pour vous mettre l'eau à la bouche, quoi de mieux que notre excellent Pedneault ...(aussi bon que votre Pineau, vous en conviendrez !!)
LES PHOTOS !
# Posté le mercredi 29 octobre 2008 21:48

L'échange Charlevoix/Charente-Maritime, partie 2

Comme promis, je reviens vous raconter la suite de l'échange entre la chorale Charle-Voix 2008 et les Mouettes de Charente-Maritime. Le séjour de nos amis en sol charlevoisien a été aussi fort en émotions et aussi riche humainement que le nôtre dans la Mère-Patrie. Voici mes textes publiés, du plus récent au plus loin....

Les Mouettes de Charente-Maritime dans Charlevoix

Grandioses émotions

Le 24 septembre, la fébrilité planait avec la fine brume d'automne au belvédère de Baie-St-Paul. Une excitation, teintée du désir d'être à la hauteur de l'accueil reçu en France cet été, habitait la chorale Charle-Voix 2008, qui attendait avec impatience l'arrivée des « Mouettes de Charente-Maritime ».

Par Elise Tremblay

En descendant de l'autobus vers 9h30, les Charentais avaient autant le sourire que les larmes aux yeux. Après des mois de patience, ils touchaient non seulement au sol charlevoisien tant rêvé, mais ils retrouvaient enfin leurs amis. Les exclamations de joie, les chaleureuses accolades et l'émerveillement face au splendide panorama, témoin de ce moment unique, ont donné le ton à un séjour rempli d'émotions...

Pendant cinq jours, les « Mouettes » ont vu, découvert, senti et surtout vécu Charlevoix. D'abord par les échanges et le partage avec les gens qui les ont accueillis. Mais aussi en se laissant guider dans une aventure où la culture, l'histoire et évidemment la nature étaient à l'honneur. Que ce soit lors des réceptions officielles, lors des repas préparés avec les nombreux produits renommés de notre terroir, lors des soirées festives animées aux couleurs de chez nous ou lors des visites touristiques : tout le programme consistait à faire vivre aux Français l'expérience charlevoisienne.

Rien de tel que l'ascension du Mont du Lac des Cygnes pour comprendre la géographie particulière de l'astroblème qu'on habite; qui de mieux placé que Jean-Yves Belley, « le Gilles Vigneault de Charlevoix », pour raconter notre pays et ses personnages plus grands que nature; quoi de plus éloquent qu'une balade dans Baie-St-Paul avec Rosaire Tremblay et Bernard Langevin pour comprendre le passé qui a donné à la région sa réputation aujourd'hui enviée... Pousser la porte du patrimoine en entrant dans les Moulins de l'Isle et la Papeterie St-Gilles permet de plonger au c½ur de nos traditions; embarquer sur un bateau pour aller observer la majestueuse danse des baleines donne la sensation de communier avec ce mystérieux St-Laurent qui fait partie de nous; parcourir la rue St-Jean-Baptiste alors que les as du pinceaux dévoilent leurs secrets, ou oser pénétrer dans l'atelier d'un artisan, c'est prendre véritablement conscience de la personnalité de Charlevoix.

Ajoutez à tous ces instants magiques le soleil, des arbres parés d'atours flamboyants, beaucoup d'humour et de rires, de la complicité, des verres de « Pedneault », la convivialité et la générosité des hôtes et des citoyens et vous devinez aisément pourquoi les choristes charentais ont été conquis et ravis par notre pays de mer et de montagne ! Devant le succès de cet échange entre Charlevoix et la Charente-Maritime, même les plus sceptiques ont confirmé que la culture, c'est vraiment le fil le plus solide et le plus efficace pour tisser des liens durables et rapprocher les peuples
...

Hebdo Charlevoisien, 9 octobre 2008, p. 22
www.journalhebdocharlevoisien.com



Voyager par le chant

C'est ni plus ni moins qu'un voyage en France que la chorale « Les Mouettes de Charente-Maritime » a offert au public charlevoisien avec son concert « Chantons l'échange ».

Par Elise Tremblay

Au total, près de 700 personnes ont accepté l'invitation des Charentais. Le 26 septembre, après s'être rassasiés d'airs marins en contemplant les dizaines de baleines qui s'amusaient dans le fjord, les choristes ont chanté avec enthousiasme dans l'église de Tadoussac. Une prestation très appréciée par les gens du village, venus nombreux entendre « la visite ». Ce concert fut en quelque sorte un réchauffement pour le lendemain, où la chorale était attendue au Domaine Forget...à guichets fermés.

Sachant la réputation de la salle Françoys-Bernier et touchés de pouvoir chanter dans ce temple de la musique, les « Mouettes » voulaient à tout prix éviter de décevoir l'assistance. C'est pourquoi ils ont répété pendant deux heures pour être à la hauteur. Les bon mots de leurs collègues de Charle-Voix 2008, moins stressés parce qu'ayant déjà élevé leur voix à St-Irénée, ont permis de diminuer un peu la tension de leurs amis.

C'est tout de même avec nervosité que les Charentais sont montés sur l'estrade pour proposer un concert commérant le voyage qui a conduit Champlain de Brouage jusqu'au Québec. Le répertoire très varié, allant de la pure chanson française au chant classique et médiéval était conçu de façon à faire avancer le navire à destination. La Rochelle étant la ville-phare de leur région, les choristes ont ouvert le concert par la traditionnelle « Les filles de La Rochelle ». Poursuivant dans le même thème, ils ont surpris le public en interprétant le chant de marins « Away Haul Away » avec mise en scène, où les hommes tiraient le cordage du bateau. Puis la volonté de bâtir cette Nouvelle-France a résonné par le vibrant « Conquest of Paradise ». « Emmenez-moi », « Amazing Grace » (où la chef de ch½ur Marie-Caroline le Meur a livré un solo en breton), « Le Canon de la Paix », « Le Toudion » (remontant au XVIe siècle !) et « Le petit bistro » sont quelques-une des chansons qui ont émerveillé les 500 spectateurs.

Charle-Voix 2008 est venue animée l'escale en reprenant avec plaisir les meilleurs pièces de leur programme, dont la magnifique chanson huronne « Iesous Ahatonia ». Un montage de TVC-VM a été projeté sur écran géant, afin de montrer un survol de l'expérience vécue par les charlevoisiens en France. Ce pont a de nouveau rassemblé l'équipage, qui s'est retrouvé sur scène pour une dernière fois. Le groupe constitué de 85 choristes a créé une énergie qui a fait frissonner toute la salle devant la puissance de ces chants communs interprétés du fond du c½ur avec complicité. L'incontournable « Chanson de l'échange » de Carole Simard-Hudon, présente, fut très touchante et très à propos pour fermer le livre de bord d'une formidable aventure qui aura duré plus d'un an et qui aura laissé une empreinte humaine et culturelle dans le c½ur de tous les participants et témoins de ce projet.

Les nostalgiques peuvent se consoler en songeant aux suites qui émaneront de cet échange, car Charle-Voix 2008 va continuer, pour sûrement traverser à nouveau l'océan et faire connaître la région chez les « cousins »...

Hebdo Charlevoisien, 9 octobre 2008, p. 22
www.journalhebdocharlevoisien.com



Le même accent

Au moment où vous lisez ces lignes, les Mouettes de Charente-Maritime sont de retour en France, après un court séjour dans la région, mais riche en émotions... Cette visite de nos « cousins » et amis a provoqué des retombées humaines et culturelles si importantes que je ne peux pas faire autrement que de vous en parler, en attendant de vous livrer un bilan officiel (la semaine prochaine)...

La chimie et l'amitié spontanée qui s'est tissée entre nous, Charlevoisiens et Charentais, est plus qu'une histoire d'amour. C'est une affaire de famille. Et une Pontilabienne nous l'a rappelé par un joli poème lors de notre passage le 7 juillet :

"LE COUSINAGE

Ils étaient partis de Brouage
Leur idéal pour tout bagage
Pour découvrir d'autres rivages
Bravant les guerres et les carnages.

C'était il y a quatre cents ans
Ils ont fait souche et tant d'enfants
Qu'aujourd'hui là, en te voyant
Je les revois, je les entends.

Nous sommes pareils là, toi et moi
Moi Charentais, toi Québécois
Le même accent en vieux François
Le même espoir, la même joie ...

On peut parler de jumelage
Mais moi je dirai sans ambages
Qu'on peut écrire la première page
De l'harmonie, du cousinage.

Car nous sommes plus que des voisins
Et plus qu'amis, nous sommes cousins
Du même sang, même de loin
Car tes ancêtres sont les miens.

Nous nous sommes connus à Brouage
Et quand j'observe ton visage
Je mesure ce que l'on partage
Ces liens du sang : ce cousinage.

Puisque la France est le mirage
Qui vous incite à ce voyage
Retrouvons-nous dans ce langage
Qui réunit nos deux rivages .... »

Ces mots de Patricia Mathieu nous ont profondément touché. Dimanche dernier, ce fut au tour de nos amis d'être surpris et émus, lorsque Bernard Langevin les a accueillis en disant : « Mais n'empéche qu'amprès quiêques temps, o y ara ben manque de ces ghense qui s'souvindrant et qui gard'rant longtemps dans zeu mémouères les grandes qualités de thielle échanghe » (mais n'empêche qu'après quelque temps, il y aura beaucoup de gens qui se souviendront et qui garderont longtemps dans leur mémoire les grandes qualités de cet échange). De se faire parler dans son patois quand on est de l'autre côté de l'océan, ça fait aussi chaud au c½ur que de se faire remercier d'être les gardiens du français en Amérique...

Comme le résume Carole Simard-Hudon dans sa « Chanson de l'échange » : « Chacun reprendra son chemin et sera devenu meilleur / La vie au fond c'est pas malin, ça se passe au niveau du c½ur ». Oui, que ce soit en mangeant des « mojhettes piates » ou de la tourtière « su » l'bord de l'eau, «ar'garder » les mouettes ou les goélands, y'a toujours un « marci » ben envers André et Claude qui s'ra prononcé en jasant de cette inoubliable expérience. Car si la musique a permis la rencontre et la langue le partage, c'est ce même accent que l'on possède qui nous a réunis...

Chronique l'Accent Culturel de l'Hebdo Charlevoisien, 2 octobre 2008, p.22
www.journalhebdocharlevoisien.com



Charle-Voix 2008

Les Mouettes arrivent !

Les « Mouettes » qui vont atterrir dans la région la semaine prochaine sont une espèce rare. Leur plumage n'est pas blanc, mais vert et bleu. Leur cri est plutôt un chant mélodieux. Déclamé d'ailleurs en français et avec un léger accent qui fait sourire...

Par Elise Tremblay

L'heure du voyage est enfin venue pour la chorale de Charente-Maritime, baptisée du nom de l'oiseau emblématique de ce département du Poitou. Après le passage en juillet de leurs « cousins » charlevoisiens, c'est au tour des cinquante choristes Français de venir nous parler d'amour.

La troupe séjournera en effet dans Charlevoix du 24 au 29 septembre, pour clore le bel échange culturel initié par le regretté André Hudon et son comparse Claude Révolte, visant à souligner le 400e anniversaire de la venue de Champlain au large de nos côtes. Les rôles sont cependant inversés : la chorale Charle-Voix 2008 a cette fois pour mission d'accueillir leurs amis et de leur faire découvrir les beautés tant vantées cet été, alors que les membres des Mouettes de Charente-Maritime élèveront leur voix pour rendre gloire aux grandes chansons françaises.

Le programme est tout de même chargé : réceptions protocolaires, soirées animées et visites incontournables telles l'Isle-aux-Coudres, la route du fleuve et bien sûr, une croisière aux baleines.

Le public aura l'occasion d'échanger avec les charentais au fil des rencontres fortuites ou lors des concerts prévus. Le premier à Tadoussac, le 26 septembre (19h30) et le lendemain 27 septembre au Domaine Forget de St-Irénée (20h). Cet événement est placé sous la présidence d'honneur de la députée de Charlevoix à l'Assemblée Nationale et chef du Parti Québecois, Mme Pauline Marois. La soirée sera l'occasion de sceller la grande amitié née de ce projet. Les deux chorales s'uniront pour « Chanter l'échange » en grand et ainsi partager une dernière fois des notes communes. Plus de 85 choristes seront alors sur les planches de la salle Françoys-Bernier, sous la direction des cinq chefs de ch½ur impliqués. « Il ne faut pas manquer ça ! Ce sera l'apothéose et un grand moment musical...», promet avec émotion Clément Rondeau, le chef de Charle-Voix 2008. Les billets sont en vente au coût de 10$, auprès des choristes et à la porte le soir du concert.

Le séjour se terminera par la découverte de Baie-St-Paul et des couleurs lors du Rendez-vous des peintres figuratifs de Rêves d'automne. Comme cet été, L'Hebdo Charlevoisien et TVC-VM suivront à nouveau l'aventure pour vous faire part des meilleurs moments.

Hebdo Charlevoisien, 18 septembre 2008, p.18
www.journalhebdocharlevoisien.com


Charle-Voix 2008

Les Retrouvailles

La fébrilité et la joie des retrouvailles sont déjà palpables des deux côtés de l'océan. Pendant que les membres de la chorale Charle-Voix 2008 s'activent à être fins prêts pour accueillir dignement leurs amis de France, les Charentais eux, se préparent à s'envoler vers la Belle Province, mais surtout vers Charlevoix, qui les fait rêver depuis plus d'un an.

Par Elise Tremblay

Les « Mouettes de Charente-Maritime » est un groupe issu de quatre chorales du département soit : « Kaléidoscope » de Pont l'Abbé d'Arnoult, « L'ensemble vocal du Donjon » de Pons, « Amies-Voix » de Mirambeau et « Au ch½ur du Lary » de Montlieu-La-Garde. À quelques jours du départ, des choristes ont accepté de livrer à l'Hebdo Charlevoisien leurs attentes.

« Cet échange représente un moment fort en émotions et en découvertes. J'espère que mes choristes pourront affermir les liens d'amitié avec les québécois » indique Mickaël Giraud, président de Kaléidoscope. Ses confrères partagent sa vision : « Nous avons une grande fièvre dans l'attente des retrouvailles de ces "cousins" et vrais Amis, quittés depuis peu », mentionne Michel Laroche, d'Amies-Voix. Sûr que l'accueil sera inoubliable, il souhaite que « ces liens ne soient pas éphémères et que le contact France-Québec ne soit jamais interrompu ».

« Retrouver nos cousins pour écrire ensemble la deuxième partition de notre projet commun est une formidable aventure. J'espère que nous serons de dignes ambassadeurs de notre pays et que nous apporterons, par nos concerts et notre présence, un peu de nostalgie et beaucoup de plaisirs » s'exclame le coloré président de Pons, André Cazaban.

La chef de ch½ur Sonia Szelag est un peu nerveuse, mais excitées à l'idée de diriger ses choristes au Québec. Elle affirme que « voyager pour chanter est plus qu'un séjour touristique. C'est une ouverture tout à fait riche sur un pays, qui crée des liens d'amitié au-delà des différences et des frontières ».

Le message lancé par Carole Hudon dans la Chanson de l'échange, « prendre conscience de l'importance de ces vacances toutes en musique », a retenu l'attention de Claudine Guérin. « Il nous appartient de sceller une amitié durable entre nos 2 pays et ces amis-cousins qui ont su nous séduire par leur gentillesse, leur joie de vivre et leur dynamisme débordant ».

Barbara Kempf espère pour sa part « chanter d'avantage ensemble et être guidée par les québécois dans la découverte de votre région, au niveau des paysages, des villes marquantes, et des spécialités « comme... la poutine, ajoute-t-elle en riant.

« Vivre ces instants d'échanges de ch½urs à c½ur nous transporte vers le meilleur de nous-même. Partageons ces délices de saveurs terriennes et laissons-nous transporter vers ce monde heureux de la musique et de la culture ! » conclut Claude Révolte, celui qui a rêvé avec André Hudon d'un projet qui devient une histoire d'amour...

Hebdo Charlevoisien, 18 septembre 2008, p.19
www.journalhebdocharlevoisien.com


Moi mes souliers...

Cet été mes souliers ont fait du chemin. Dans Charlevoix, à Québec, à Tadoussac, mais surtout en France. Vous le savez sûrement, j'ai eu le privilège d'accompagner la chorale Charle-Voix 2008 dans sa tournée en Charente-Maritime. Un voyage exceptionnel, riche en échanges humains, qui a prouvé (une fois de plus) que la culture est la source première de rapprochements. Vivre pareille aventure laisse des traces et inévitablement, on rentre au pays transformé. Connaître « l'ailleurs » nous fait prendre conscience de bien des choses... qu'on a envie de partager. Alors je vous préviens : cette nouvelle saison de réflexions culturelles prendra quelquefois les couleurs de la mère-patrie... Et ça commence dès aujourd'hui !

Partie avec mes deux chapeaux (celui de journaliste culturelle pour TVC-VM et pour l'Hebdo), un caméraman est venu aussi, avec tout l'attirail technique nécessaire à la captation des meilleurs moments de l'échange. Le problème, ce n'était pas d'avoir ce bagage à trimballer. C'était plutôt le poids : trois sacs à dos ne l'ont pas supporté ! On s'est donc mis rapidement à la recherche d'un cordonnier...en vain. Incroyable, mais hélas vrai ! Impossible d'en dénicher un... Résignés à travailler avec nos réparations journalières, je vous jure qu'on a eu d'ardentes pensées pour ce cher Bernard Lavoie, qui nous a cruellement manqué !

Cette anecdote m'a du coup fait réfléchir sur l'avenir des savoir-faire traditionnels. Apprendre qu'il est de plus en plus rare de voir un cordonnier exercer en France et que « ça ne sert plus vraiment en 2008 » m'a laissée sans voix. J'ai été complètement découragée d'entendre ça dans un pays qui protège pourtant le patrimoine...

C'est triste de constater que certains métiers disparaissent. Heureusement ici, il y a les économusées pour perpétuer la mémoire, mais je crois que ce n'est pas le genre d'avenir que mérite l'expertise transmise de génération en génération depuis des siècles. Quoi qu'en dise les partisans du capitalisme, de la consommation et du progrès, on aura toujours besoin de cordonniers, de maçons, d'ébénistes, de menuisiers et de tisserandes, car la machine ne peut pas remplacer l'Homme partout.

Je suis inquiète pour les métiers traditionnels. Les apprentis n'existant presque plus, comment garder vivant ce riche savoir de nos artisans ? Quand la cordonnerie de M. Paul Bouchard a fermé, je n'étais pas grosse dans mes souliers... Bernard Lavoie est vite venu à la rescousse, mais c'était il y a plus de dix ans. Les temps ont changés... À qui va-t-on confier nos semelles lorsqu'il devra cesser de pratiquer parce ses mains seront trop fatiguées ? Qu'adviendra-t-il des murs de pierre quand Bruno Savard prendra sa retraite ? Qui tissera le boutonné et les chaudes couvertures le jour où les grands-mères n'auront plus la force et la patience de croiser les fils ? On sera mal pris, je vous le garantis...

Pour une fois, n'attendons pas qu'il soit trop tard pour agir. Évitons les « j'aurais dont dû » en invitant les jeunes qui ont des habiletés manuelles à explorer ces métiers, pour en assurer leur survie...

Chronique l'Accent Culturel de l'Hebdo Charlevoisien, 18 septembre 2008, p.18
www.journalhebdocharlevoisien.com
# Posté le dimanche 05 octobre 2008 00:07
Modifié le jeudi 09 octobre 2008 20:18