vous serez convaincus d'aller le voir en personne !! En attendant, je vous dis ce que j'en pense....
La « Stroop » elle (« l'étrange » du village), dit « qu'il y a beaucoup de monde qui attendent de mourir pour se mettre à vivre ». Quand on y pense, c'est pas bête du tout. Combien de gens vivent passivement, sans en profiter, sans mordre dans la vie à belles dents, se disant fatalement que la mort viendra un jour au l'autre... La Stroop trouve ça désolant –et elle a pas tort. Elle en sait des choses. Tellement que certains pensent que c'est une sorcière. Surtout depuis qu'elle a tué la mort...
Bernadette elle, savait que la vie est courte et qu'il ne faut pas attendre que la grande faucheuse vienne pour l'apprécier. C'est comme un feu de circulation qu'elle disait : « quand c'est vert, c'est l'espoir, alors tu pèses sur le gaz et t'en profites; quand c'est rouge, c'est un temps d'arrêt pour l'amour et vivre la tendresse; pis quand c'est jaune, ben...c'est flou, mais ça passe vite !».
Vous savez, c'est une chance que la mort existe. Parce que ça prend des morts pour faire une légende. Sans la mort, pas de Méo, pas de Stroop et pas de Bernadette. Si la mort n'existe plus, les légendes ne peuvent pas venir au monde. Et sans légendes, la vie serait moins gaie. On n'aurait pas de merveilleux pour nous faire sourire, on n'aurait pas de belles histoires pour rêver et pire encore, on n'aurait personne pour nous les raconter !
Fred Pellerin est celui qui nous partage les réflexions de ces caxtioniens légendaires. Tout ce que je vous révèle aujourd'hui provient de « L'arracheuse de temps ». Un titre qui sied à ravir au contenu de ce nouveau tour de contes... traitant de la mort. Je ne vous cache pas que j'ai une admiration pour cet as des parenthèses délirantes et de la poésie « distorsionnée » et que je suis conquise d'avance. Mais honnêtement, pour avoir vu, lu et entendu tous ses spectacles, je vous assure que celui-ci est encore plus grand que d'habitude. Fred réussit à nous faire rire, à nous faire réfléchir et à beaucoup nous toucher en jouant avec la mort...et les mots. Ça remue en-dedans, mais ça fait du bien...
Rassurez-vous, si vous aimez Fred, vous ne serez pas dépaysé, il a gardé son style spontané de haute voltige. Il se permet juste d'aller plus loin, d'explorer des émotions délicates avec philosophie. Ce n'est pas un spectacle révolutionnaire. Pourtant, il change nos vies... Car on en sort en se questionnant. Voilà autre une sortie qui nous fait grandir et qui, je crois, nous réconcilie avec ce qui demeure la plus grande peur de l'Homme : disparaître...
E.T. L'accent culturel, 8 octobre 2008, Hebdo Charlevoisien
