Laissez la campagne être campagne !

Pour moi, tout est culturel, car c'est la base même de nos vies, c'est ce qui influence notre quotidien. Je me suis donc permis d'écorcher au passage la "sacro-sainte" sécurité publique dont on se sert pour transformer nos régions vertes en banlieues lointaines cimentées.... Et ce, dans Charlevoix, Réserve mondiale de la Biosphère de l'Unesco !!!!

L'identité avant le progrès

Avertissement : cette chronique contient une opinion qui risque de soulever l'ire de ceux qui croient qu'il n'y a point de développement sans progrès; de ceux qui vénèrent les artères urbaines, le ciment et le bitume; de ceux qui pensent que les sacrifices sont nécessaires pour obtenir plus de sécurité; etc... Je préfère vous en aviser, afin d'éviter toute crise de panique, d'urticaire ou de folie. Si vous faites partie de ces gens, vous serez en profond désaccord avec moi. Avant de m'envoyer des courriels d'insultes, rappelez-vous que je n'écris pas pour vous convaincre, mais pour partager ce que je ressens...

Les routes sont à nouveau la cause de tous les accidents qui surviennent sur notre territoire. Évidemment, c'est plus facile d'accuser un bout d'asphalte que les gentils contribuables pressés et imprudents. Surtout si le chemin en question est un tantinet courbé ou légèrement incliné. J'en ai pour preuve la pauvre côte des Éboulements, qui a été défigurée à cause d'un malheureux accident. J'étais outrée à l'époque (et je le suis encore), qu'on mette la faute sur le dos de la Grand'côte, alors que les freins de l'autobus étaient responsables... Je me demande si elle serait devenue une simple pente si les tragédies s'étaient déroulées au fil des ans... Le plus ironique, c'est que les Côtes à Godin, à quelques kilomètres de là, sont toujours accessibles et aussi à pic !...

Quand j'entends dire que la belle côte qui mène à Petite-Rivière-St-François est dangereuse, les oreilles me chauffent... C'est pire dans le cas des superbes détours de St-Irénée... On vit dans une région montagneuse, c'est juste normal que les routes soient adaptées à la géographie. C'est ce qui fait la beauté et la renommée de Charlevoix. Si on touche aux côtes serpentantes de nos villages, on tue leur âme ! Autant fermer la 362, barricader la Côte à Matou et condamner ce dangereux astroblème ! J'exagère ? À peine....

Parce qu'on veut transformer Baie-St-Paul en communauté urbaine. Avec un viaduc, des bretelles de sorties et tout le tralala. Au secours !!! Je suis complètement scandalisée par ce projet ridicule, qui a pour prétexte la sacro-sainte sécurité. Combien d'accidents arrivent dans la capitale et la métropole chaque semaine (sur des autoroutes droites qui plus est)? Probablement bien plus que la somme des nôtres en un an... Le problème, ce n'est pas les routes, mais les conducteurs. On roule trop vite, trop lentement, en état d'ivresse, en ne respectant pas les règlements et en faisant fi des conditions météo... Si on veut refaire les routes, qu'on dise la vraie raison au lieu de se cacher derrière la sécurité publique ! Car là où il y a l'Humain, la sécurité est loin d'être assurée...

Charlevoix, c'est « la petite Suisse » (on ne refait pas les routes en Suisse d'ailleurs). Notre paysage fait partie de nous, c'est notre fierté. Si le progrès signifie faire de la campagne une ville, moi, je suis contre le progrès !...


ET, journaliste Hebdo Charlevoisien, 29 février 2008
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# Posté le vendredi 06 juin 2008 19:05

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:23

Histoire d'horreur

Des fois en lisant les entrefilets, on apprend de choses renversantes ! Comme cet exemple..... Misère....


J'ai mon voyage !

Je ne sais pas si c'est dû à l'ambiance de l'Halloween, mais depuis quelques semaines, j'entend des choses qui me font dresser les cheveux sur la tête.... Avec la commission sur les accommodements (dé)raisonnables, le surveillant des ondes publiques qui ne joue pas son rôle comme il le devrait et les commentaires défavorables au projet de loi 195 sur l'identité nationale, j'ai facilement de quoi m'emporter ! Au point de croire que René Lévesque doit aussi faire une sacrée crise là-haut...

La palme de la pire bêtise entendue revient à la Ministre de la Culture, Christine St-Pierre. Mardi, en appuyant les représentants du milieu culturel qui dénonçaient (avec raison) le relâchement du CRTC, elle a déclaré : « Ce n'est pas une marchandise comme les autres, la culture; il ne faut pas la traiter comme ça. ». Oui, c'est le mot qu'elle a dit : « marchandise »... Non mais, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre !! Comme si la culture était une simple étoffe que les magnats du profits pouvaient négocier selon leur humeur ! La culture, c'est notre identité et à ce que je sache, elle n'est pas à vendre. C'est déjà laborieux de le faire comprendre aux élus et de convaincre les investisseurs de soutenir les projets culturels... Sans parler des américains, qui tentent de pénétrer nos ondes pour mieux s'imposer et de l'anglais qui continue de s'infiltrer dans nos vie... En parlant ainsi, la ministre a donc commis tout un impair...

Alors je le répète, parce que si la ministre elle-même n'a pas compris, plusieurs doivent l'ignorer : la culture, c'est un vaste ensemble contenant nos valeurs, nos croyances, nos moeurs, notre langue, nos actions, nos idées, nos créations, nos lois, etc. C'est ce qui nous caractérise comme peuple, ce qui nous influence dans nos choix quotidiens, c'est ce qui est au c½ur de nos vies, dans tous les domaines. Bref, c'est la base de tout ! Dire que la culture est une « marchandise », c'est quasiment donner raison à Durham et avouer qu'on ne vaut pas grand chose...

Aucun secteur de l'économie ne peut être considéré comme un article en vente sur le marché! Jamais on ne qualifierait l'environnement, l'éducation, la sécurité publique ou la santé de « marchandise ». Alors dire cela de la culture, qui joue un rôle majeur dans notre société, c'est pour moi inacceptable et inexcusable!! Davantage lorsque pareille bourde est prononcée par la voix officielle de la culture, celle qui se doit de la valoriser et de lui donner la place qui lui revient ! Preuve que ce n'est pas tous les ex-journalistes politique qui peuvent s'improviser ministre...


ET, journaliste Hebdo Charlevoisien, 3 novembre 2007
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# Posté le vendredi 06 juin 2008 18:53

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:25

Vive le français (suite)

Pour les mêmes raisons mentionnées dans l'article précédent (loi 195, accommodements dé-raisonnables, futurs profs qui ne maîtrisent pas le français) et puisque la mode est aux dictées à la télé et qu'on semble soudain se préoccuper de notre langue, j'ai écrit à nouveau sur le sujet... Parce qu'il y a de ces choses qu'on ne dira jamais assez....

L'ADN de notre culture

Bon, vous le savez, je fais partie de ces (rares) personnes qui n'acceptent pas de faire de compromis sur des choses essentielles et viscérales. Je refuse qu'on bafoue mon identité, mes racines et mes valeurs profondes. Alors encore une fois, je met ma plume au service de ma langue, car depuis quelques temps, j'ai peur que les célèbres vers de Marc Gélinas se concrétisent:


“Mommy, daddy, what happened to my name?(...)
Mommy, daddy, how come we lost the game?
Oh mommy, daddy, are you the ones to blame?
Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?”

30 ans plus tard, je me pose la même question : on parle français, mais pour combien de temps ?... Plusieurs événements m'amènent à réfléchir sur notre volonté réelle de protéger le français. Notamment ce constat flagrant du manque de maîtrise de la langue chez les jeunes, en particulier les futurs profs. Avouez que c'est aberrant... Des étudiants sont formés pour transmettre le savoir de base aux citoyens de demain et on s'aperçoit qu'eux-mêmes ont des failles majeures dans leurs connaissances ! Remarquez, ils ne sont pas coupables. Ce sont plutôt ceux qui ont laissé un laxisme s'installer dans nos écoles (en clair, les élus). On en a eu une preuve éloquente à « Tout le monde en parle », alors que la ministre de l'éducation a dit prioriser le français, tout en ignorant les compétences à évaluer ! Au fait, si le ministère tient tant à corriger la situation, pourquoi laisse-t-il l'anglais entrer dans les premières classes du primaire ?....

Inutile de m'envoyer des courriels pour me dire que les enfants apprennent facilement deux langues ou que des jeunes ayant grandi dans un milieu bilingue parlent bien français: je le sais déjà. Et ça ne m'empêche pas d'être en désaccord. Moi, je crois qu'avant d'apprendre une autre langue, il faut d'abord maîtriser la sienne. Et comme ce n'est pas le cas actuellement, je considère que l'anglais n'a pas sa place au primaire (ni au secondaire). Je trouve paradoxal que la seule province francophone du Canada oblige ses enfants à être bilingues, alors que le reste du pays ne lève pas le petit doigt pour apprendre le français (pourtant la langue officielle) ! Ça démontre à quel point on a peur de s'affirmer (l'essai de Jean-François Lisée arrive donc au bon moment)...

Il est temps qu'on se prenne en main et qu'on cesse d'être accommodants sur les fondements de la société québécoise. Le monde étant à la portée d'un simple clic, il faut rester vigilant. Quand on navigue sur des sites comme Facebook et qu'on se rend compte qu'il n'est pas possible d'y avoir accès dans une autre langue que l'anglais, c'est inquiétant... Trop de langues sont tombées dans l'oubli parce qu'on les a mal protégées. Je ne veux pas que ce soit le destin de la mienne. Parce que c'est le c½ur du Québec et s'il arrête de battre, c'est toute notre culture qui risque de s'éteindre...

ET, journaliste Hebdo Charlevoisien, 15 novembre 2007
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# Posté le mardi 20 novembre 2007 01:02

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:26

J'ai mal à ma langue

Avec tout ce qu'on entend présentement au sujet du français (loi 195, accommodements raisonnables et ce qui me fait le plus mal: le problème avec les futurs profs qui ne maîtrisent pas leur langue...), j'ai pensé afficher ici ma chronique de mars 2007, à l'occasion des Rendez-vous de la Francophonie:

J'ai mal à ma langue

Ça fait longtemps que je veux réfléchir tout haut sur l'état actuel du français. Puisque les Rendez-vous de la Francophonie se terminent en fin de semaine, le moment est bien choisi. Célébrer c'est bien, se questionner, c'est mieux !

J'adore ma langue, je trouve que c'est la plus belle et la plus riche. Parce qu'elle offre une possibilité infinie de mots pour préciser notre pensée; parce qu'elle est poétique; parce qu'elle est fluide comme le fleuve et chante doucement jusqu'à nos oreilles; parce qu'elle est la source de nos origines; parce qu'elle rassemble des dizaines de pays; parce qu'elle est au c½ur notre culture québécoise et donc, de notre identité.

J'adore ma langue et je fais mon possible pour la protéger. En essayant d'éviter les anglicismes et en utilisant l'équivalent français des termes anglais qui se multiplient à un rythme effarant dans le dictionnaire. Je ne comprendrai jamais pourquoi on a francisé des mots comme challenge et week-end, alors que défi et fin de semaine existent. À chaque fois que j'entends quelqu'un prononcer ces mots, ça me choque tellement que je ne peux m'empêcher de le corriger, avec un soupir de découragement... Je suis d'accord pour qu'une langue évolue avec son temps, mais il y a des limites non ? Ce n'est pas en acceptant qu'un mot anglais remplace un mot français qu'on enrichit notre vocabulaire ! Au contraire, on ouvre la porte à un « franglais » de plus en plus inquiétant...

Il n'y a pas que ce que j'entends qui m'irrite. Il y a aussi ce que je vois. Comme ces marques et magasins à grande surface (américains) qui envahissent – et saccagent - notre paysage commercial. Le pire, c'est que la loi 101 ne peut rien faire. C'est ce que révélait un récent reportage de La Presse. L'OQLF peut intervenir sur l'affichage et l'étiquetage, mais pas sur les marques de commerces, car elles sont protégées par une convention dont le Canada est signataire. C'est beau la mondialisation !... Si vous croyez que j'exagère et que j'ai le c½ur francophone trop sensible, allez faire l'épicerie, vous verrez bien que l'invasion anglophone n'est pas le fruit de mon imagination. En y prêtant attention, vous constaterez à quel point l'anglais est présent sur les tablettes...

C'est ça qui m'inquiète : si on ne s'aperçoit pas que l'anglais prend de la place, est-ce parce qu'on s'en fout ? Oui, selon Loco Locass : « Je nous accuse au tribunal de la conscience D'avoir immolé le français sur l'autel de l'indifférence » chantent-ils. Je suis bien d'accord, car mes observations prouvent que la majorité anglaise qui ceinture le Québec nous menace toujours sournoisement...

« La langue, c'est l'ADN de toute culture » a dit Gilles Vigneault. Le français, c'est notre ADN et notre ADN, c'est notre héritage. C'est donc notre devoir de lui assurer un avenir. Soyons vigilants... et surtout, agissons.


ET, journaliste Hedbo Charlevoisien, 24 mars 2007
www.journalhebdocharlevoisien.com
J’ai mal à ma langue
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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 22:24

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:28

Libérer la parole avec le SLAM

Le slam dont il est question ici n'a rien à voir avec les acrobaties exécutées par le public lors d'un spectacle rock. Il s'agit plutôt d'une performance de poésie, où l'impact des mots est primordial.
C'est une compétition amicale où les poètes déclament en 3 minutes, sans accesssoires, un texte fort jugé par le public présent. Ça crée des soirées survoltées !!!! Car marche fort au Patros Vys, grâce à IVY, fondateur-animateur des soirées slam à Montréal. Un artiste vrai. Je le connais depuis 10 ans et c'est un des plus brillants intellectuels du pays (bleu, évidemment). Un homme de verbe et de verve, dévoué corps et âme à la diffusion de la parole. Un homme qui n'a jamais renoncé à son intégrité pour plaire. Un homme qui dit ce qu'il pense et pense ce qu'il dit. « Tout le monde utilise la poésie au quotidien ». On peut le croire, il s'y connaît.
Voici ce qu'il m'a livré en entrevue récemment:

« Moi les poèmes, je m'en fout un peu même si j'en fais... Je ne me bat pas pour un poème, mais pour la poésie. Le but du slam c'est de démocratiser la parole. Tout le monde peut faire un slam, ce n'est pas aussi impératif que la poésie quant à la qualité de ce que tu produis : ce qui est important, c'est de faire une sculpture sonore avec les mots. Je trouve que c'est un bon véhicule pour faire passer la poésie dans le monde. Et c'est pour ça que je me bats ».

« Le slam, c'est le poète qui revient dans la cité. Ça prouve que la poésie n'est pas rien qu'un truc sublime, réservé à la haute philosophie, mais qu'elle est à tout le monde. C'est pour ça que je distingue le poème, le poète et la poésie. Pour moi la poésie, c'est une attitude, c'est une possibilité qu'on a tous. Les enfants font et sont dans la poésie pour moi. La poésie, c'est juste le droit que chacun a de faire sens ».


BANG!!! Frappant n'est-ce pas ? C'est ça le slam. J'espère que cela réveille le poète qui sommeille en vous.... Pour en savoir plus, vous pouver visiter :
* www.ivycontact.com
* www.myspace.com/ivycontact
* www.myspace.com/slamcholette
* slamcholette.blogspot.com
* mathieulippe.com

Je vous invite aussi à écouter l'incontournable émission "MACADAM TRIBUS" à la Première chaîne de Radio-Canada les premiers samedis de chaque mois, car l'équipe fait un tournoi de slam, le SLAM MACADAM et on y découvre 2 slammeurs par mois pour qui ont peut voter via le site web de l'émission.

Que la vague du SLAM déferle partout au Québec !! Merci IVY et LIBÉRONS LA PAROLE !!!!


ET, journaliste culturelle, mai 2007
Libérer la parole avec le SLAM
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# Posté le samedi 13 octobre 2007 16:29

Modifié le samedi 07 juin 2008 18:33